Dennis Jaïnoa : Mardi 29 Mars 1932

Nous avons enfin rejoint le plus proche village indigène. Même si le temps a été plus clément, on a eu beaucoup de soucis sur la piste qui a souffert des intempéries. Par endroit, le terrain s’était effondré, nous obligeant à de périlleuses acrobaties pour longer des ravins vertigineux sur ce qu’il restait de la route, un bout de terrain plat menaçant de s’effondrer à tout moment. Et quand on ne risquait pas notre vie sur une corniche, on devait lutter contre une végétation qui s’étant effondrée en travers du chemin, nous bloquait le passage.

Bref, nous voilà sains et saufs ! Enfin, presque… Des bruits courent, d’autres villages avoisinants, qu’une guerre aurait éclaté ! On ne comprend pas tout ce que disent les indigènes, mais cela parle d’une catastrophe d’une grande ampleur. Une nouvelle guerre mondiale ? Cela fait à peine une décennie que la précédente a pris fin. La crise économique dont nous souffrons semblait pourtant sur la bonne voie pour se terminer. Mais il est vrai que de nombreuses rancœurs s’étaient installées depuis la fin du dernier conflit. Les perdants rêvaient de prendre leur revanche et de corriger les injustices d’un traité de paix trop sévère de leur point de vue. Sans parler de l’ambition démesurée de ses dirigeants autoritaires qui ont profité de la crise pour s’installer…

On va rejoindre la ville par la rivière On devrait y être d’ici le weekend. On en saura plus. Si cette guerre s’avère réelle, cela va poser problème pour les financements de mon expédition vers le temple qu’on a découvert !

par Damien Allemand

Balt Cairn : Samedi 26 Mars 2185

Revoilà enfin un rayon de soleil ! La semaine a été marquée par une pluie battante presque tous les jours. Comment s’occuper quand on est un Robinson, naufragé solitaire, et qu’on ne peut pas sortir… AMAR fait office de Vendredi et me tient compagnie. Et puis j’ai, à ma disposition, une bibliothèque de livres électroniques et de vidéos qui me nécessiteraient plusieurs dizaines de vies si je voulais tous les lire ou les visionner ! J’en ai d’ailleurs profité pour lire ou relire Daniel Defoe, Johan David Wyss, Michel Tournier, Andy Weir, et cet étonnant Jules Vernes peu connu : L’Oncle Robinson, première tentative à ce qui deviendra plus tard L’Ile Mystérieuse. Au passage, je suis toujours très amusé de la part importante que Jules Vernes donne à l’alimentation. Que ce soit les nombreuses préoccupations alimentaires des réfugiés de L’Ile Mystérieuse ou du raffinement de la cuisine du Nautilus dans Vingt-Mille Lieues sous les Mers.

Je me suis également distrait des nombreuses adaptations cinématographiques, télévisuelles ou tubesques : si on inclut les histoires similaires, d’individus échouant sur une île déserte ou, plus moderne, sur une planète déserte, on en trouve près de cinquante ! Ça laisse de quoi s’occuper. Ce qui m’a surpris, à la relecture de certains livres, c’est la vision complètement différente quand on les relit des années après. C’est là qu’on se rend compte de la part d’imagination du lecteur. Le texte génère une histoire dans la tête du lecteur qui comprend beaucoup plus d’images et de détails que n’en contient le texte. Ainsi, l’humeur du moment, l’ambiance, les sons, la musique environnante, les connaissances et la culture peuvent radicalement changer la perception d’une histoire et en faire une toute autre. Il suffit de voir les différences de couvertures entre deux éditions pour s’en convaincre. Deux illustrateurs vont partager leurs visions personnelles de l’histoire et ainsi entrainer avec eux le lecteur dans une aventure qui démarrera sur les sensations qu’un dessinateur a voulu partager.

Bref ! Trêve de bavardage… Le soleil m’attend et je m’en vais faire quelques longueurs de bassin.

par Damien Allemand

Dennis Jaïnoa : Jeudi 24 mars 1932

C’est sous une pluie battante que nous avons rejoint le campement où nous avions laissé nos montures. La pluie, la mauvaise visibilité, les écoulements de boue, les chutes d’arbres et de nombreux autres désagréments du même ordre nous ont grandement retardés… Par chance, ce mauvais temps a encouragé toutes les vilaines bêtes qu’on a pu croiser à l’aller à rester chez elles !

Ce soir, la pluie s’est calmée et on a pu faire un peu de feu, mais on patauge dans la boue et nos vêtements, trempés, jusqu’au fond de nos sacs, ne sont pas près de sécher.

Demain, on pourra retrouver les sentiers à dos de mulet. Si le temps ne nous est pas trop défavorable, comme ces derniers jours, on aura rejoint les premières traces de civilisation indigène dans trois ou quatre jours. Je plie ce carnet, ce soir, pour un repos bien mérité !

par Damien Allemand

Balt Cairn : Lundi 21 Mars 2185

La vie a repris son cours normal… Le train-train quotidien d’un naufragé solitaire ! Le matin, je me lève. Je nage un peu. Je me promène dans les environs. Je fais quelques croquis de la vie sauvage. D’ailleurs, à propos de vie sauvage, AMAR m’a raconté avoir sorti deux animaux qui s’étaient introduits lors de ma dernière sortie avant mon expédition. Sauf que ces animaux, apparemment, n’en étaient pas vraiment, mais, d’après sa description, ils ressemblaient davantage aux indigènes de cette planète. Du coup, j’essaie de voir s’il y en a dans le coin, mais, ils semblent avoir appris à vivre dans une telle harmonie avec la nature que je me mets à douter, à chaque fois que je vois une branche morte au sol ou un arbre un peu différent des autres.

Feuil

Aujourd’hui, chez moi, ce serait le printemps… Ici aussi on dirait ! De nombreuses fleurs, aux formes et aux couleurs extravagantes, viennent d’apparaître. Cette festive explosion de joie contraste tant avec le drame qui s’est produit à quelques kilomètres d’ici. C’est comme si un feu d’artifice avait explosé pendant la nuit. Je crois que je sais quel va être le sujet de mes croquis pour les jours qui viennent…

par Damien Allemand

Dennis Jaïnoa : Samedi 19 Mars 1932

Je suis enfin parvenu à sortir de ce piège de métal !

Hier matin, l’individu est sorti. J’ai été réveillé par des bruits mécaniques et je l’ai vu ! Marchant tranquillement, comme si de rien n’était, il est passé sous ma cachette sans même ralentir. Posant sa main sur un panneau de commande, il a enfin ouvert la porte de ce que je croyais être mon tombeau… Inutile de dire que je n’ai pas traîné. A peine avait-il disparu de mon champ de vision que je me laissais tomber au sol et me précipitais vers la sortie de peur que celle-ci ne se referme avant que je sois dehors, ignorant toutes les règles de prudence que je m’étais fixé. Et, quelques minutes plus tard, je retrouvais le campement, sain et sauf, mais affamé, assoiffé, épuisé ! Après m’être rassasié, j’ai dormi toute la journée…

John et Grag, eux aussi étaient là. Apparemment, la machine qui les a attrapés, ne leur a fait aucun mal et les a juste jetés dehors. Si j’avais su cela, je me serais laissé attraper plutôt que de risquer de mourir de faim !

D’après ce qu’ils m’ont raconté, avant-hier, un objet volant s’est approché, et serait rentré dans une ouverture sous les deux gros tubes noirs qui sont à une extrémité de ce bâtiment. Ils se sont précipités pour essayer de rentrer, mais l’ouverture s’est refermée bien avant qu’ils n’arrivent.

Je pense qu’on n’a plus grand chose à faire ici. Le mieux est de repartir prévenir les autorités de l’existence de cet objet. On reste encore deux ou trois jours, histoire d’accumuler des ressources pour le voyage retour et, surtout, pour moi, de récupérer complètement. La traversée de la forêt sauvage n’est pas une mince affaire.

par Damien Allemand

Balt Cairn : Vendredi 18 mars 2185

Ouch… C’était chaud. J’ai bien cru y laisser ma peau. Comme je l’ai expliqué dans mon précédent enregistrement, lundi je suis parti tenter de pirater un des appareils qui se sont posés à quelques kilomètres de là en leur collant un mouchard de ma fabrication… Pour éviter de me faire repérer je me suis posé dans une petite clairière à environ deux kilomètres de leur endroit. Comme la nuit tombait, j’ai dormi dans le module tout en observant leurs activités avec un drone. C’est intéressant de voir comment les habitants de cette planète se sont intégrés à la nature. Il n’y a quasiment pas de frontière entre les vrais arbres et leurs immeubles aux allures arboricoles. Mais les envahisseurs, eux, ont su faire la distinction sans difficulté et ont coupé systématiquement ces habitations, capturant les individus qui y habitaient. Leur méthodologie a l’air si rodée, si efficace qu’elle en semble mécanique. C’est un peu comme si c’était du travail industriel… Ils ont mis en place une sorte de barrière de deux mètres de haut qui est totalement infranchissable pour ces autochtones de quarante à cinquante centimètres. A l’intérieur de la zone qu’ils ont choisi de faucher les immeubles les uns après les autres avançant depuis le bord de cette ville vers le côté opposé.cam03636.jpg Les indigènes qui sont de petits être de quelques dizaines de centimètres, comme je le mentionnais plus haut, ressemblent à une branche ou un arbuste qui marcherait sur trois racines. Le long de leur corps ils ont trois pairs de membres semblables à de plus petites branches, terminées par ce qui semblent être des doigts en forme de petites feuilles, deux par membre. Au bout de leur corps, ce que je pourrais appeler leur tête, est un bulbe surmonté de trois antennes. Sont-ce des yeux au bout de leurs antennes ? Je n’en sais rien… Voient-ils ? Entendent-ils ? Comment communiquent-ils ? Je ne saurais le dire. Mais ils ont l’air particulièrement bien évolués, non pas parce qu’ils savent construire des immeubles, sur Terre, à leur échelle, les termites en font tout autant… Mais ils sont habillés. Ça n’a l’air de rien de dire cela, mais, si on y réfléchit, c’est la première chose qu’a fait l’homme en sortant du jardin d’Eden, prendre conscience qu’il était nu ! Sur Terre, il y a des animaux qui construisent des habitations, des animaux qui conçoivent des outils, mais aucun ne s’habille… Chez les hommes, même dans la plus primitives des tribus, celles qui sont restées isolées du contact de la civilisation, tous portent quelque vêtement ou parure… C’est pourquoi je trouve particulièrement risible quand je revois de vieux films de science-fiction, je pense à plusieurs films de Steven Spielberg, où les envahisseurs extra-terrestres, prétendument dotés d’une technologie hors du commun, se baladent à poil… Ici, ils ont des vêtements particulièrement bien assemblés et stylisés, démontrant un gout et une technicité très avancés.

Bref, pour en revenir à mon expédition, Mardi matin, je me suis approché de leurs barrières. Escaladant les arbres et laissant pendre une corde de l’autre côté je me suis introduit dans l’enceinte de la ville en ruine. Rampant au milieu des décombres je me suis approché du vaisseau le plus proche. Personne ne tournait autour. Tous travaillaient à l’autre bout de la ville à capturer les indigènes restant. J’ai cherché un endroit discret et non-fonctionnel pour y dissimuler mon mouchard. Retournant, sans trainer vers la barrière je grimpais à l’aide de la corde que j’avais laissée, mais j’ai dû déclencher une alarme… J’étais en train de disparaître dans la forêt quand j’ai entendu du grabuge derrière moi. Plutôt que de retourner à mon appareil je suis donc parti dans une autre direction, histoire de donner le change. J’ai attendu toute la journée pour m’assurer de ne pas avoir été repéré. Je les ai vus fouiller un peu la forêt, mais ils n’avaient pas l’air très motivés pour me retrouver… Comme le soir tombait, j’ai décidé de rester cacher dans les fourrés toute la nuit plutôt que de risquer de me perdre en essayant de retrouver mon appareil… Autant dire qu’avec la peur, le froid, la faim et la soif, car je n’avais emmené aucune provision, je dormis très mal. Retournant mercredi au petit matin à mon appareil je décidais d’y dormir après avoir mangé un morceau et plutôt que de risquer de me faire repérer je resterais là un jour de plus et rentrerai Jeudi. Mais Jeudi, ayant fini leur « récolte » les aliens entamèrent leur procédure de départ. Ils décollaient les uns après les autres, se mettaient en formation, s’organisaient. Autant dire qu’avec ce ballet aérien au-dessus de ma tête il n’était pas question de sortir de ma petite clairière. Il me fallut attendre jusqu’au soir et ce n’est que hier soir que je suis rentré sain et sauf au Colombus… Inutile de dire que je n’ai pas trainé à prendre une douche et me coucher ! Il y a plus qu’à attendre, maintenant, le retour de mon courrier…

par Damien Allemand

Dennis Jaïnoa : jeudi 17 Mars 1932

Cela fait près de quatre jours que je suis à l’intérieur… J’ai essayé de me rationner mais là je n’ai quasiment plus rien. J’avais la nourriture pour deux personnes pour un jour. John avait avec lui l’équivalent de deux rations journalières, lui aussi… Ce qui nous faisait un peu de marge. Mais, là, il est clair que je ne pourrai pas tenir un jour de plus. Tout est vraiment calme à l’intérieur. Je n’ai pas revu les monstres mécaniques et l’individu n’est pas passé par cette porte depuis que je la surveille. J’ai fait un tour et je n’entends aucun bruit. J’ai l’impression que le lieu est complètement vide… Il faut vraiment que je trouve un moyen de sortir, d’ici vingt-quatre heures ou je vais y laisser ma peau.

En espérant qu’il y a encore quelqu’un qui m’attend, dehors…

par Damien Allemand

Dennis Jaïnoa : Mardi 15 Mars 1932

Tout ne s’est pas passé comme prévu. C’est le deuxième soir qu’on est à l’intérieur alors qu’on avait prévu de ressortir au bout d’un jour… Enfin, quand je dis « on », je devrais dire « je »… En effet, je me retrouve seul.

Pour commencer par le début, on est entré lundi matin alors que l’individu venait de sortir et se dirigeait vers l’étendu d’eau où il a l’habitude de nager. On avait prévu d’explorer la structure et de ressortir le lendemain, au moment où l’individu devait ressortir.

Le hall d’entrée est une pièce haute d’environ une dizaine de mètres sur environ cinq ou six mètres de large. Dans cette pièce, tout est en métal mais quand on la passe, via une grande porte métallique qui, par chance, était restée ouverte, on arrive dans un grand corridor dont les parois sont recouvertes d’une étrange matière blanche et souple. Peu de temps après qu’on soit rentrés les lumières ont subitement baissé. Pour mieux y voir, John a allumé une torche. Mais apparemment ça a attiré un des gardiens du lieu, un étrange monstre métallique de la forme d’une grosse lentille d’environ un mètre de diamètre qui flottait dans l’air. Il nous a tourné autour pendant plusieurs minutes avant qu’un autre monstre, qui, lui, rampant sur le sol, ne surgisse et se jette sur nous. Il s’est emparé de John. Grag et moi nous sommes enfuis chacun de notre côté avec pour consigne de se retrouver le lendemain à l’ouverture de la porte. J’ai trouvé à me cacher derrière une structure de tuyaux au plafond d’un corridor. J’y suis resté des heures, observant silencieusement les monstres qui me cherchaient.

Au bout de plusieurs heures, ne voyant plus aucun mouvement, je suis sorti de ma cachette en me laissant tomber au sol. Ce qu’il y a de bien avec ce revêtement souple c’est qu’il absorbe extraordinairement bien les chocs. Je me suis décidé à explorer l’endroit, en restant à l’écoute et en gardant à l’œil les éventuelles cachettes dont je pourrais avoir besoin. Il y avait de nombreuses portes, mais il m’était impossible de trouver comment les ouvrir. Je suis finalement entré dans la seule pièce qui n’était pas fermée. C’était comme une grande baie vitrée d’où on voyait l’extérieur dans toutes les directions. Ce qui me surprend, c’est que, bien qu’ayant examiné la structure extérieure dans ses moindres détails, je ne me rappelle d’aucune baie… De plus, si mes croquis sont exacts, les croquis et les notes que je prends pour ne pas me perdre, je devrais me trouver à mi altitude de la structure et donc assez loin de la paroi. C’est vraiment bizarre. Grimpant sur un grand autel, couvert d’inscriptions machiavéliques, de touches, comme des touches de machine à écrire, et de manettes, je me suis approché du mur de cette salle. Et il me semble que ce n’est pas une vitre mais une sorte de structure lumineuse qui reproduit à la perfection l’extérieur avec un effet tridimensionnel d’un réalisme époustouflant !

Après avoir passé la nuit dans une cachette sous l’autel je suis retourné, de bon matin, bien avant l’heure habituelle à laquelle l’individu sort nager, à proximité de la porte de sortie et, caché dans des tuyauteries au plafond, j’ai attendu, mais, de toute la journée celle-ci ne s’est jamais ouverte. Je n’ai retrouvé ni Grag, ni John. Je me demande bien ce qui a pu leur arriver. Et surtout, je me demande bien ce qu’il va m’arriver. Je vais rester caché ici toute la nuit et surveiller cette maudite porte…

par Damien Allemand

Balt Cairn : Lundi 14 Mars 2185

Depuis la disparition de Namgou, j’ai perdu le gout d’écrire. J’ai quitté les Puus (c’est comme ça qu’ils se nomment eux-mêmes) il y a près de trois mois. J’ai choisi d’aller le plus loin possible. J’ai pris, dans leur atlas, la planète habitable la plus éloignée qu’ils aient explorée et m’y suis rendu. Le voyage, grâce à leur nouvelle technologie, a pris moins de deux mois. Et me voilà ici depuis près d’un mois à vivre une vie d’ermite solitaire, ou plutôt, devrais-je dire, de Robinson échoué sur une planète déserte de toute vie évoluée. Le Colombus est posé au fond d’une vallée très encaissée. Dissimulé par de la végétation, je pense être suffisamment invisible si ces extra-terrestres agressifs venaient à passer par là. Mon rythme de vie est assez simple et peut se résumer par un peu de natation tous les matins dans un petit étang, puis un peu d’exploration. J’essaie de faire une sorte d’inventaire de la riche vie de cette planète, m’improvisant exobiologiste… Pour passer le temps…

Mais alors pourquoi avoir repris l’écriture aujourd’hui ? Parce qu’il se passe des choses bizarres sur cette planète ! Il y a deux jours, j’ai repéré un appareil passer dans le ciel et se poser à plusieurs kilomètres de là. J’ai envoyé un drone observer et les images qu’il m’a envoyées sont terrifiantes… Il s’agit de ces extra-terrestres agressifs. Ils ont rasé ce que je croyais être une forêt mais qui était, en réalité, une ville. Les bâtiments ayant une structure végétale si similaire à celle des arbres que j’ai cru qu’il ne s’agissait là que d’une espèce végétale endémique bizarre. Mais je les ai vus enlever les êtres qui habitaient ces villes.

Aujourd’hui, je viens d’avoir une idée saugrenue, voire suicidaire… Je vais aller là-bas avant qu’ils ne repartent et fixer sur un de leurs appareils un courrier rapide que j’ai programmé pour revenir automatiquement ici dès que leur vaisseau sera sorti de l’espace replié… Comme ça, je saurai où ils sont. Je prévois d’y aller aujourd’hui. D’où ce message, pour qu’on sache ce qu’il m’est arrivé si je ne reviens pas vivant de cette mission…

par Damien Allemand

Dennis Jaïnoa : Dimanche 13 Mars 1932

Considérant sa régularité, nous avons précisément calculé le temps qu’il nous faudrait pour sortir de notre cachette, monter la rampe et disparaître à l’intérieur, dans le temps qu’il utilise pour se déshabiller avant de nager. Nous avons soigneusement préparé un équipement léger et minutieusement répété. Demain matin, on essaie de rentrer. Dans l’hypothèse où nous ne parvenions pas à ressortir d’ici trois jours, je confie ce carnet à notre dernier guide avec pour consigne de repartir avec.

par Damien Allemand