Balt Cairn : Vendredi 18 mars 2185

Ouch… C’était chaud. J’ai bien cru y laisser ma peau. Comme je l’ai expliqué dans mon précédent enregistrement, lundi je suis parti tenter de pirater un des appareils qui se sont posés à quelques kilomètres de là en leur collant un mouchard de ma fabrication… Pour éviter de me faire repérer je me suis posé dans une petite clairière à environ deux kilomètres de leur endroit. Comme la nuit tombait, j’ai dormi dans le module tout en observant leurs activités avec un drone. C’est intéressant de voir comment les habitants de cette planète se sont intégrés à la nature. Il n’y a quasiment pas de frontière entre les vrais arbres et leurs immeubles aux allures arboricoles. Mais les envahisseurs, eux, ont su faire la distinction sans difficulté et ont coupé systématiquement ces habitations, capturant les individus qui y habitaient. Leur méthodologie a l’air si rodée, si efficace qu’elle en semble mécanique. C’est un peu comme si c’était du travail industriel… Ils ont mis en place une sorte de barrière de deux mètres de haut qui est totalement infranchissable pour ces autochtones de quarante à cinquante centimètres. A l’intérieur de la zone qu’ils ont choisi de faucher les immeubles les uns après les autres avançant depuis le bord de cette ville vers le côté opposé.cam03636.jpg Les indigènes qui sont de petits être de quelques dizaines de centimètres, comme je le mentionnais plus haut, ressemblent à une branche ou un arbuste qui marcherait sur trois racines. Le long de leur corps ils ont trois pairs de membres semblables à de plus petites branches, terminées par ce qui semblent être des doigts en forme de petites feuilles, deux par membre. Au bout de leur corps, ce que je pourrais appeler leur tête, est un bulbe surmonté de trois antennes. Sont-ce des yeux au bout de leurs antennes ? Je n’en sais rien… Voient-ils ? Entendent-ils ? Comment communiquent-ils ? Je ne saurais le dire. Mais ils ont l’air particulièrement bien évolués, non pas parce qu’ils savent construire des immeubles, sur Terre, à leur échelle, les termites en font tout autant… Mais ils sont habillés. Ca n’a l’air de rien de dire cela, mais, si on y réfléchit, c’est la première chose qu’a fait l’homme en sortant du jardin d’Eden, prendre conscience qu’il était nu ! Sur Terre, il y a des animaux qui construisent des habitations, des animaux qui conçoivent des outils, mais aucun ne s’habille… Chez les hommes, même dans la plus primitives des tribus, celles qui sont restées isolées du contact de la civilisation, tous porte quelque vêtement ou parure… C’est pourquoi je trouve particulièrement risible quand je revois de vieux films de science-fiction, je pense à plusieurs films de Steven Spielberg, où les envahisseurs extra-terrestres, prétendument doté d’une technologie hors du commun, se baladent à poil… Ici, ils ont des vêtements particulièrement bien assemblés et stylisés, démontrant un gout et une technicité très avancés.

Bref, pour en revenir à mon expédition, Mardi matin, je me suis approché de leurs barrières. Escaladant les arbres et laissant pendre une corde de l’autre côté je me suis introduit dans l’enceinte de la ville en ruine. Rampant au milieu des décombres je me suis approché du vaisseau le plus proche. Personne ne tournait autour. Tous travaillaient à l’autre bout de la ville à capturer les indigènes restant. J’ai cherché un endroit discret et non-fonctionnel pour y dissimuler mon mouchard. Retournant, sans trainer vers la barrière je grimpais à l’aide la corde que j’avais laissée, mais j’ai dû déclencher une alarme… J’étais en train de disparaitre dans la forêt quand j’ai entendu du grabuge derrière moi. Plutôt que de retourner à mon appareil je suis donc parti dans une autre direction, histoire de donner le change. J’ai attendu toute la journée pour m’assurer de ne pas avoir été repéré. Je les ai vus fouiller un peu la forêt, mais ils n’avaient pas l’air très motivés pour me retrouver… Comme le soir tombait, j’ai décidé de rester cacher dans les fourrés toute la nuit plutôt que de risquer de me perdre en essayant de retrouver mon appareil… Autant dire qu’avec la peur, le froid, la faim et la soif, car je n’avais emmené aucune provision, je dormis très mal. Retournant mercredi au petit matin à mon appareil je décidais d’y dormir après avoir mangé un morceau et plutôt que de risquer de me faire repérer je resterais là un jour de plus et rentrerai Jeudi. Mais Jeudi, ayant fini leur « récolte » les aliens entamèrent leur procédure de départ. Ils décollaient les uns après les autres, se mettaient en formation, s’organisaient. Autant dire qu’avec ce ballet aérien au-dessus de ma tête il n’était pas question de sortir de ma petite clairière. Il me fallut attendre jusqu’au soir et ce n’est que hier soir que je suis rentré sain et sauf au Colombus… Inutile de dire que je n’ai pas trainé à prendre une douche et me coucher ! Il y a plus qu’à attendre, maintenant, le retour de mon courrier…

par Damien Allemand

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s