Balt Cairn : Samedi 2 Juillet 2185

Le soleil se lève doucement sur les rochers des côtes d’Armor. Une brise légère accompagne le chant des vagues qui s’écrasent les unes après les autres avec la régularité du métronome. Confortablement installé dans l’herbe, seul, tranquille, je termine la Horde du Contrevent, d’Alain Damasio. Sur cette falaise battue par les vents, je me sens comme ces héros seuls, abandonnés au doute. Comment aller plus loin, quand il n’y a plus rien ? Qu’y a-t-il au-delà du monde connu ? Aller plus loin. Toujours plus loin…

Depuis que les Kiiknas ont pris l’habitude de s’installer au poste de pilotage, le matin, au réveil, je laisse ma féline compagne roulée en boule dans la chaleur de la cabine pour rejoindre la salle d’immersion, où je lis, j’écris, je dessine, je visite des mondes divers, réel ou non… Après, je vais faire un peu d’exercice, un peu de natation ou une petite course. Souvent, c’est là que je retrouve Namgou, nageant langoureusement dans un quelconque lagon exotique. Quand je pense que tous les chats que j’ai pu avoir sur Terre détestaient l’eau au point de me griffer jusqu’au sang quand j’essayais de les passer sous la douche pour les décrasser un peu…

Et puis comme il faut bien veiller au bon déroulement du voyage, je vais au poste de pilotage où je retrouve mes amis sylviformes (je ne sais pas si le mot existe, mais il me plait bien !) qui, en ce moment, entament le troisième tome du manuel de pilotage du Colombus. Je ne crois pas avoir lu au-delà de la moitié du premier tome… Ayant conçu cet appareil, je n’ai jamais eu le courage d’éplucher les quatre épais tomes de spécifications pondus par l’équipe technique avec laquelle j’ai travaillé. C’est tout juste si, de temps en temps, je jette un œil à tel ou tel paragraphe pour me rafraichir la mémoire. Mais, si ça se trouve, ils ont rajouté des fonctions que je n’imagine même pas et les deux branches sur pattes sauront bientôt le piloter mieux que moi ! Mais, pour la traversée en mode replié, il n’y a pas grand-chose d’autre à faire que de gérer le fonctionnement interne, c’est à dire la révision des machines et l’entretien du jardin. Ergonomiquement parlant, le Colombus n’a pas été conçu pour être entretenu par des plantes animées. Donc le sale boulot, c’est pour ma pomme ! Il faut aussi que je les mette au sport. Il ne faudrait pas que leur masse musculaire, si tant est qu’ils aient des muscles, ne s’atrophie, mais, je n’ai pas encore réussi à les convaincre !

par Damien Allemand

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s