Dennis Jaïnoa : Samedi 29 Octobre 1932

Ils sont revenus hier soir avec une terrifiante surprise… Ils ont trouvé des envahisseurs ! Mais ce ne sont que des robots inertes… Inutiles de dire que Triisk, avec sa curiosité scientifique, s’est précipité dessus ! Moi, rien que l’idée de me trouver dans le même vaisseau m’empêche de dormir !

Depuis hier soir, il a passé son temps à le dépecer et l’infecter avec ses microbiots pour en analyser l’intérieur… Beurk !

Avec Balt, je me suis penché sur les vidéos qu’ils ont trouvées. On essaie de deviner de quoi ça parle. On prend des notes. Il y a des vidéos de type reportage et d’autre plus didactiques, des présentations techniques, modes d’emploi d’outils non-identifiés.

Namgou, quant à elle, traite les données d’images et de textes pour les rentrer dans son ordinateur. Elle va essayer de décoder leur langage. Avec de la reconnaissance d’image pour associer mots et concepts et les vidéos pour associer langue parlée et concepts, elle pense pouvoir comprendre leur système numérique et construire une liste d’une ou deux dizaines de mots. C’est toujours un début ! D’habitude cela leur prend plusieurs années pour construire un outil capable d’interpréter des informations de bases, mais les données sont tellement nombreuses et de bonne qualité qu’elle pense pouvoir aller plus vite. Il faudrait revenir avec une vraie équipe d’archéologues pour étudier tout cela en détail. Elle a envoyé un courrier vers la planète Puus la plus proche.

Ne se sentant pas en sécurité par ici on ne va pas traîner. On reste deux jours, histoire de ranger le matériel, de collecter un peu d’info sur le robot que, par sécurité, on ne veut pas emmener avec nous, jeter un œil sur les ordinateurs des salles proches de l’entrée et on repart. On va se dépêcher de finir la mission qu’on s’est donnée avant de partir le plus loin possible d’ici.

 

par Damien Allemand

Balt Cairn : jeudi 27 Octobre 2185

Cela fait deux jours qu’on visite les couloirs sombres et glauques de cette base abandonnée. Il y a de nombreuses pièces, où s’entassent des caisses de matériel dont on n’a pas la moindre idée de l’utilité, des ordinateurs qu’on ne saurait même pas allumer. On a ainsi avancé jusqu’à une sorte de petit hangar où étaient rangés contre le mur toute une collection de scaphandres, les mêmes que ceux des envahisseurs. Inutile de dire que Namgou et moi avons sursauté quand ces sinistres figures sont brusquement apparues dans le faisceau de nos lampes. Figés de terreur pendant quelques secondes, ne voyant aucun mouvement de la part de ces monstres, on s’est finalement approché pour les examiner de plus près.

Peut-être pourrait-on en savoir plus sur leurs points faibles, si on pouvait examiner comment ils s’alimentent, quel est la composition de l’air qu’ils respirent, quelle est leur anatomie… On tritura un moment l’un de ces scaphandres pour trouver comment ils s’ouvrent, jusqu’à ce que, nouvelle frayeur, Namgou projette le faisceau de sa lampe dans la visière : deux yeux nous regardaient fixement ! L’individu était encore à l’intérieur ? Il ne nous fallut pas beaucoup de temps pour comprendre que ce n’était pas deux yeux mais deux caméras. Le scaphandre n’était pas un scaphandre mais une machine, un robot. Les envahisseurs nous envoyaient des robots ?! Ou bien… Les envahisseurs étaient des robots… ?

Il fallait en avoir le cœur net ! Par chance, j’ai une experte des civilisations disparues avec moi… Se tournant vers les ordinateurs de la salle, elle les examina méthodiquement, comme on le lui avait appris à l’école. Il se trouve que, pour ce genre de machine, le fonctionnement à l’électricité est une constante universelle. Si certains humains ont, un jour lointain, envisagé de concevoir des ordinateurs mécaniques, ils se sont vite rabattus sur l’électricité et l’électronique et il en va ainsi de toutes les civilisations connues des Puus qui aient dépassé l’ère industrielle, même si, à l’exception des humains et des Kiiknas, ils ont tous disparu. La règle est simple : trouver par où l’électricité rentre. Ensuite, trouver le bon voltage, grâce à un outil qu’ils ont mis au point. Puis l’alimenter. Quatre-vingt-dix-neuf fois sur cent, la machine ne donne aucun signe de vie, ses composants s’étant trop détériorés. Mais heureusement, ici, on est dans les conditions idéales de conservation : peu de rayonnement solaire, car loin et sous terre, pas de gaz pour oxyder les éléments métalliques, pas de poussière, une température proche du zéro absolu… On n’aurait probablement pas eu autant de chance si on avait examiné une base sur la planète où l’atmosphère, les poussières, l’humidité, le rayonnement du double astre solaire, les micro-organismes voire les plantes ont dû fortement détériorer ce genre de machine.

Dès son premier essai, après, certes, une demi-heure d’analyse minutieuse de l’objet, un peu comme un archéologue dépoussière, avec un petit pinceau, une antiquité enterrée, elle alluma la machine. J’aurais presque sauté au plafond si je n’avais pas rapidement été refroidi par le défilé incessant de symboles dont ni moi, ni Namgou n’avions la moindre idée de la signification… Mais, j’imagine que, pour elle, ce n’est que de la routine… Imperturbable, elle enregistrait avec une caméra tout ce qu’affichait l’écran. Elle essayerait, plus tard, de le décoder, peut-être… Ou pas… Quand l’affichage se figea, commençait la partie la plus dure, celle qui n’est dans aucun cour d’archéologie spatiale : interagir avec la machine ! Du tâtonnement, du pif au mètre… Bien sûr, il n’y avait pas de clavier ! Ecran tactile ? Ça n’allait pas être facile avec la combinaison… Mais apparemment non. Namgou bougea les mains devant l’écran et il réagit comme s’il détectait le mouvement. Les objets, à l’écran, se déplaçaient, s’activaient. Les documents s’ouvraient, se fermaient… « Plus une civilisation est avancée, plus elle est capable de concevoir des interfaces simples et ergonomiques », m’expliqua-t-elle. Activant un autre ordinateur elle m’en confia la responsabilité de trouver ce qu’il avait dans le ventre. Muni d’une petite caméra à l’épaule, je filmais toutes mes explorations. Textes, images, vidéos, programmes… Il s’agissait de récolter le plus d’information possible. On chercherait à comprendre plus tard quand on en aurait le temps. On passa ainsi des heures, toute la journée d’hier, à collecter des infos dans tous les ordinateurs du hangar aux robots, ainsi que dans les autres salles.

Couchés tard hier soir, on a décidé de repartir vers le Colombus aujourd’hui. On devrait avoir environ deux jours de marche pour retrouver notre chemin vers la sortie, si on ne se perd pas… On partira dès que Namgou sera réveillée.

En attendant, je regarde les vidéos qu’on a trouvées et je crois que je comprends… On y voit des robots au service d’individus extra-terrestres. Sur d’autres on voit ces mêmes robots agresser ces mêmes individus. Ils ont dû développer ces machines pour les servir, mais celles-ci ont pris le pouvoir… Un fichu bug !

 

par Damien Allemand

Balt Cairn : Lundi 24 Octobre 2185

On est posé sur le satellite de la géante gazeuse aux millions d’anneaux. Namgou avait eu une bonne intuition. Elle m’avait dit : « Ça sent la mort »… Or, il n’y a la mort que là où il y a eu de la vie !

Et, effectivement, il y a eu de la vie sur ce satellite, aussi peu probable que cela puisse paraître, à priori… On vient de découvrir l’entrée d’une base souterraine. Elle a l’air de très grande taille. On n’a prudemment exploré que les premiers couloirs, et fait demi-tour avant de se perdre. Ça doit être un véritable labyrinthe, là-dessous… On a peut-être découvert Hypérion ?! Plus sérieusement, il va falloir y retourner, demain, avec plus de matériel pour baliser notre chemin.

Mais déjà, de ce que je peux dire, vue la taille des couloirs, les habitants devaient être légèrement plus grands que nous, mais pas beaucoup plus. Je dirais entre deux mètres et deux mètres cinquante. Ce qui est compatible avec les envahisseurs que j’ai pu observer sur Kiik… Mais, visiblement, il n’y a plus âme qui vive, ici. Il n’y a plus d’alimentation et les portes s’ouvrent à la main facilement en les faisant coulisser. Le sas, bien que fermé, s’est ouvert sans laisser fuir d’air. Non alimenté, il a dû laisser fuir très légèrement l’air contenu dans la base pendant des années, des dizaines, des centaines, peut-être même des milliers d’années… Il n’y a plus aucune atmosphère, là-dedans, donc probablement plus personne de vivant…

On n’y trouvera certainement pas non-plus, de système robotisé, drone ou autre pouvant présenter un quelconque danger. Il n’y a plus aucune source d’énergie. Après aussi longtemps, les batteries, ou tout autre système de stockage, doivent être mortes !

Je ne pense pas prendre beaucoup de risque en affirmant que ce satellite n’est pas leur planète d’origine… En effet, il est trop petit pour avoir pu héberger une atmosphère et donc une vie naturelle. En revanche, je ne serais pas surpris de découvrir qu’ils viennent de la troisième, enfin, bientôt deuxième, planète de ce système qui est une très bonne candidate pour avoir, un jour, accueilli la vie.

Aujourd’hui, on installe le matériel à l’entrée, dans le premier couloir. L’occasion pour moi de tester le module de survie. Il a juste la taille qu’il faut pour entrer dans le couloir ! Pas très grand, on doit pouvoir y tenir à deux avec Namgou. Il fonctionne un peu comme un sas. Equipé de réserves d’air comprimé, il relâche l’air quand on est à l’intérieur, et le comprime quand on veut sortir. Il y a des toilettes. On pourra y manger et boire, voire y dormir, assis… Pas assez de place pour s’y allonger… Mais, avec la très faible pesanteur, on n’y verra pas la différence ! Optimisé pour maintenir en vie un être humain deux ou trois semaines, ce sera largement assez pour les quelques jours d’exploration qu’on envisage. On le déplacera avec nous, tant qu’il passera dans les couloirs, ce qui nous évitera de revenir en arrière quand on veut faire une pause. Si, sur Terre, il pèserait entre deux ou trois tonnes, ici, il ne pèse plus qu’un ou deux kilos !

 

par Damien Allemand

Balt Cairn : Vendredi 21 Octobre 2185

Nous voilà depuis plus de vingt-quatre heures dans ce système, éclairé par une double étoile. L’une des deux étoiles est en train de phagocyter une planète. Celle-ci est en train de s’écraser sur elle-même, brûlant de l’intérieur par son propre noyau en fusion qui, attiré par le soleil cherche à sortir, et dévoré, à l’extérieur par les flammes infernales de l’immense boule de feu.

Plus proche de nous, un autre spectacle nous fascine. La géante gazeuse, à côté de laquelle nous sommes sortis, est entourée d’une série d’anneau de plus de cent millions de kilomètres de diamètre !

Notre prochain système étant celui d’où est revenu mon courrier, on va prendre le temps de bien explorer celui-ci, des fois qu’on trouve des infos. Il ne semble y avoir aucun danger. Une planète se trouve dans la zone habitable et peut avoir été habitée, même si, aujourd’hui, il ne semble plus y avoir aucune vie… Elle a l’air asséchée, un peu à l’image de notre planète mars. Avant cela, on va faire un tour pour voir ces extraordinaires disques. Enfin, surtout un des satellites qui semble avoir été créé à partir d’une partie des disques, laissant un grand rayon de vide au milieu de ceux-ci. Namgou veut voir ce satellite de plus près. Elle ne m’a pas dit pourquoi. J’ai l’impression qu’elle me cache quelque chose. Comme si elle avait une intuition mais, pas trop sure d’elle, elle ne veut pas la partager… On en saura plus dans deux ou trois jours !

par Damien Allemand

Balt Cairn : Mercredi 19 Octobre 2185

Dernier jour de repli. Dernier jour de tranquillité. Curieusement, je me sens parfaitement détendu. Comme si tout allait bien. Comme si ce voyage n’était qu’une promenade sympathique… Après tout, ça n’est pas complètement faux. On a visité des systèmes vraiment magnifiques. Demain, je vais voir de mes propres yeux, ou presque, un système solaire avec deux étoiles. Namgou et moi prenons du bon temps à chaque fois que l’intimité nous le permet.

Le reste du temps ce sont des activités ludiques et sportives en salle de gym, de gourmandes expériences culinaires… Se partager à quatre l’entretien du vaisseau a ceci de bon qu’on a plus de temps libre ! Méthodiquement, tout est quotidiennement vérifié, nettoyé, réparé, ajusté… Une horloge Suisse de la plus haute qualité. Mieux que lors de ses premiers tests…

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Alors pourquoi s’en faire ? Je ne suis pas sûr que ces ennemis invisibles nous en veuillent. Si ça se trouve ils me connaissent depuis longtemps et me considère comme inoffensif…

Bon, j’arrête-là… Namgou me réclame : elle a rentré la description d’un lagon d’une de ses planètes dans le simulateur de natation…

par Damien Allemand

Balt Cairn : Dimanche 16 Octobre 2185

« Ne frappe pas pour gagner, frappe après avoir gagné. », Miyamoto Musashi… « L’art de la guerre, c’est soumettre l’ennemi sans combat. » Sun Tzu… Il faut réussir à les comprendre, les connaître. S’ils frappent aussi efficacement, c’est qu’ils parviennent à savoir mieux et plus vite… Mais comment ? Ils doivent avoir une technologie qui leur permet de voir sans être vu. Ils ne frappent pas au hasard. Ils sont méthodiques. Ils auraient pu s’attaquer à une colonie de Puus, mais ont préféré s’en prendre à un vaisseau isolé… Cl6, une colonie isolée. La ville Kiikna, une ville isolée d’une civilisation pré-spatiale…

Ils restent prudents. Qu’est-ce qu’ils cherchent, exactement ? Que font-ils des gens qu’ils enlèvent ? Si on pouvait en savoir un peu plus… Il faut trouver un moyen de les connaitre… S’approcher suffisamment, lâcher un drone pour les espionner puis le récupérer ? Comme eux, il va falloir être prudent, discret, invisible et apprendre à les connaitre, bien avant d’avoir à agir…

Savent-ils qu’on est sur leurs traces ? Aussi gros que soit le Colombus, ça n’est qu’une aiguille dans la botte de foin de notre galaxie… S’ils nous connaissaient, ils seraient déjà sur nous, comme ils ont frappé le vaisseau Puus…

 

par Damien Allemand

Dennis Jaïnoa : Vendredi 14 Octobre 1932

Triisk a inventé un nouveau jeu… J’avais l’impression que, comme Balt, il s’était enfermé dans un mutisme, angoissé par le danger qui se rapproche de nous. En réalité, ce savant fou, passionné par toutes les technologies qu’il découvre ici, a mis au point une nouvelle forme de microbiots. Inspiré par AMAR, il leur a fait développer une sorte d’intelligence artificielle. C’est pas qu’ils aient chacun un cerveau, mais c’est plus qu’ils développent une intelligence sociale, un peu comme des insectes sociaux. Plutôt que de détruire l’hôte qu’ils attaquent ils en comprennent l’intelligence et cessent leur invasion quand ils jugent en avoir le contrôle. Ils obtiennent ainsi des destructions très superficielles d’objets, suffisantes pour que leur fonction soit stoppée à la limite de ce qui est nécessaire. Il a ainsi pris le contrôle de drones d’AMAR sans qu’AMAR ne s’en rende compte, ni ne détecte l’infection. Il peut les contrôler et les relâcher à volonté ! C’est amusant de voir qu’AMAR se rend compte qu’il y a quelque chose d’anormale, sans en être sure… Il a peut-être trouvé le moyen de rendre folle une intelligence artificielle !

 

par Damien Allemand

Dennis Jaïnoa : Mardi 11 Octobre 1932

Balt s’enferme à nouveau dans le silence. Il passe la plupart de son temps à faire du sport, à jardiner ou à lire dans la salle d’immersion. L’Art de la Guerre, de Sun Tzu, Bushido, de Nitobe Inazo, Le Traité des Cinq Anneaux, de Miyamoto Musashi, L’Esprit Indomptable, de Takuan Soho… Il est passé dans un mode martial… Il angoisse à l’idée de devoir bientôt affronter un ennemi si puissant !

Quant à moi, c’est plutôt l’inverse. Je continue à me poser des questions sur la bonne manière d’évoluer… J’ai discuté avec Namgou sur ce qu’elle savait de l’évolution de son peuple. Elle m’a raconté qu’elle faisait partie d’une équipe de chercheurs qui travaillaient sur l’évolution des civilisations disparues. Sur les planètes qu’elle a étudiées, il se développe une seule population animale intelligente. Vraisemblablement, ce genre de population animale n’est pas compatible avec la concurrence et leurs actes empêchent, plus ou moins volontairement, le développement de civilisation intelligente chez d’autres espèces animales. Comme je l’avais supposé, précédemment, la violence est inhérente au développement de l’intelligence. Cette civilisation se construit au travers de luttes de pouvoir successives. D’abord locales, au niveau de groupes de tailles relativement réduites, ces luttes deviennent de plus en plus globales au fur et à mesure que la civilisation se mondialise. Quand la lutte devient mondiale, la pression est telle, entre les plus puissants et les dominés que tout explose. Les uns dans une lutte acharnée pour accumuler toujours plus et les autres, estimant n’avoir plus rien à perdre, dans une lutte aveugle, suicidaire…Quand les luttes n’étaient que locales, les survivants de ces luttes trouvaient appuie dans les autres groupes pour se reconstruire et repartir. Mais quand la lutte devient mondiale, les survivants deviennent trop peu nombreux pour durer et la civilisation s’éteint définitivement.

Comment les Puus ont-ils survécus à cela ? Ayant une expérience tout autre de la vie et de la mort, ils sont doués d’une empathie telle que lorsque la tension, au niveau mondial, est devenue insupportable, les plus puissants ont abandonné leurs biens pour rétablir l’équilibre. Un peu comme si, subitement, la civilisation venait de tourner une page, d’une civilisation qui se construit sur des luttes de pouvoirs, elle s’est mise à évoluer dans la recherche d’harmonie. Ça ne s’est pas fait du jour au lendemain… C’est une évolution qui a pris plusieurs siècles, mais ils pensent que c’est une condition sine qua non à la survie d’une espèce intelligente.

De la même manière, l’humanité a atteint ce paroxysme dans le courant du XXIe siècle. Tournant la tête vers le ciel tous ensemble, ils prirent conscience qu’ils ne pourraient conquérir l’espace qu’en s’unissant. La civilisation terrestre, visiblement capable d’une empathie au-dessus de la moyenne, suite à une situation de crise mondiale sans précédent, est brusquement passée d’un mode lutte à une recherche d’équilibre, bien que cette transformation, un siècle après, ne soit pas encore totalement terminée, Namgou, pense que les humains sont sur la bonne voie.

Quant à moi, je pense que les Kiiknas en sont encore loin ! Mais, qui sait, peut-être que le choc qu’on vient de subir va nous faire changer de direction…

Pour la civilisation qu’on recherche, Namgou est très curieuse de comprendre comment ils ont pu survivre aussi longtemps, et évoluer autant, en gardant une mentalité aussi martiale… L’exception qui confirme la règle ?

par Damien Allemand

Balt Cairn : Lundi 10 Octobre 2185

Alea Jacta Est… Comme disait l’autre ! Nous voilà parti pour notre dernière étape ! L’espace est replié et on est dans le tube. Je m’en vais aller faire du sport à outrance… Ça va me vider la tête de mes angoisses !

par Damien Allemand

Balt Cairn : Samedi 08 Octobre 2185

Hier, j’ai pu observer notre prochain système, qui m’a l’air assez vieux. Une étoile double. Un des deux astres est en train de dévorer l’une des planètes du système. Cela pourrait s’avérer dangereux, si celle-ci explose. Il faudra surveiller cela. Je vais sortir assez loin de ce diner funeste… Mais à proximité de la seule planète qui soit en zone habitable. De ce que j’en vois, toutefois, il n’y a aucune trace de vie dans le système et la spectrographie de l’atmosphère de la planète n’indique aucune trace d’oxygène, donc probablement pas, ou plus, de vie…

Il y a une deuxième raison à ma sortie près de cette planète. Elle pourrait servir de refuge pour cacher le Colombus en urgence dans une de ses vallées ou canyons. En effet, on approche dangereusement de notre destination finale. Ce devrait être notre dernière étape avant de nous rendre dans le système d’où le courrier est parti… De là-bas, grâce à cette double étoile, je pourrai observer avec précision le système en question. Je ne peux oublier le message de Delilah… Etait-ce vrai ? Un message prémonitoire ? Etait-ce une illusion de mon cerveau perturbé par une distorsion spatio-temporelle ? Plus le danger se rapproche, plus cette question m’obsède…

 

par Damien Allemand