Dennis Jainoa : Dimanche 02 Octobre 1932

On est orbite autour d’une magnifique planète bleue, à la verticale d’un petit archipel paradisiaque où l’on rêverait de se chauffer au soleil sur l’une de ses plages de sable fin. On y a envoyé nos drones pour explorer ces rares terres et y observer la vie qui s’y est développée. Très primitive, elle se résume à une poignée de végétaux faisant penser à de petites fougères, des mousses, des lichens… On n’a vu qu’une espèce animal, une sorte de poisson amphibien qui se dore au soleil sur les rochers et, semblant ignorer totalement la notion de prédateur aérien, n’a pas esquisser le moindre mouvement lors du passage du drone à proximité.

Bref, on pourrait croire à une planète où la vie est encore très peu évoluée, jusqu’à ce qu’un phénomène, totalement inattendu, se produise, il y a environ deux heures, et change complètement notre vision sur le niveau évolutif de cette planète.

Une sorte de fusée a jailli de l’eau, de l’océan, à proximité des iles, avant d’y retomber quelques dizaines de secondes plus tard… Balt a sondé le fond de l’océan, là où la fusée est sortie, et y a observé d’étranges structures, vraisemblablement artificielles, à une profondeur d’environ huit cent mètres. En estimant sa vitesse, il pense qu’elle a été lancée peu de temps avant l’arrivée de notre drone dans l’ile et qu’elle n’est probablement pas liée à notre présence.

Après avoir rapatrié nos drones, restant en orbite, on a scanné le fond des océans, ou plutôt, devrais-je dire, de l’océan, tant le manque de terres émergées empêche d’en définir des frontières. Avec une profondeur moyenne de huit mille mètres et des abysses descendant parfois jusqu’à quinze mille, il est, à de nombreux endroits, recouvert d’une multitude de structures, aux formes cubiques, dont l’origine artificielle ne fait aucun doute tant elles semblent être organisées comme de grandes cités. Il y a, là-dessous, une civilisation avancée. Toutefois, leur fusée semblant très primitive, il est fort probable qu’ils ne sont pas venus, ici, avec, mais qu’ils sont des indigènes de cette planète en train d’explorer les frontières de leur monde aqueux. C’est fascinant d’imaginer qu’une telle civilisation puisse s’être ainsi développée à ce point, à des profondeurs aussi extraordinaires où aucune lumière du soleil ne leur parvient.

On a longuement débattu, toute la journée pour savoir si on devait leur rendre visite ou non. Mais on est arrivé à la conclusion qu’ils ne nous ont probablement pas remarqué et que, pour le bien être de leur civilisation, il était mieux qu’ils ne connaissent pas l’existence d’une civilisation extérieur. Comme j’ai pu l’écrire précédemment, la découverte d’une civilisation aussi différente pourrait dangereusement remettre en cause l’équilibre de la leur, détruisant la crédibilité de leurs sciences, de leurs croyances et de leurs dirigeants, comme le choc des civilisations a, sur Terre, fortement contribué à l’écroulement des civilisations Sud-Américaines.

On va donc se contenter d’envoyer quelques petits drones, discrets, pour aller prudemment voir ce qu’il se passe tout au fond de cet océan. Balt est en train de les préparer et de les tester dans le simulateur de natation.

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par Damien Allemand

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