Balt Cairn : Dimanche 25 Juin 2186

Je vois mon corps. Je me sens si léger. Je me vois allongé dans une machine bizarre. Mon corps est plongé dans un liquide jaune fluorescent. Des tubes, qui semblent vivants comme des serpents, s’animent et pénètrent par mes différents orifices. D’autres semblent sucer ma peau un peu partout comme des sangsues affamées. Et moi, je suis si léger. Je flotte au-dessus de cette scène comme un nuage. Ou, plutôt, comme un cerf-volant, car une sorte de cordon semble s’être formé entre moi et mon corps. Je ne saurais pas le décrire. Je ne saurais pas dire ni sa forme, ni sa couleur, mais je me sens connecté à ce corps. Namgou est là, elle aussi. Elle m’explique qu’il va falloir retourner dans nos corps. C’est un peu difficile. Il ne faut pas se rater car le lien qui nous unit est très fragile et un rien pourrait le briser. On se retrouverai alors définitivement errant. Le corps reviendrait alors à un état végétatif et se reconstruirait alors une autre âme. Elle me montre comment on utilise ce lien, comment on le renforce, comment on entre en résonnance avec et comment il va falloir faire pour l’utiliser et remonter jusqu’à son corps. Je me sens si léger. Avant je ne sentais rien. Mais maintenant, je commence à sentir des trucs. J’entends. Je vois les Kiiknas qui s’animent et parlent. Je ne comprends rien de ce qu’ils disent mais je les vois et je les entends. Je me sens si léger et pourtant si fort. Plus fort qu’avant. C’est comme si je sentais des muscles surdimensionnés mais invisibles qui me donneraient des pouvoir de super-héros. Je voudrais bien essayer de faire bouger des objets, juste pour voir, juste pour rire. Mais Namgou me dit de faire attention, je suis trop fragile, ça pourrait briser mon lien. Je suis si léger. Delilah aussi est là. Si on avait des mains, je dirais qu’elle me tient la main. Si on avait des bouches, je dirais qu’on s’embrasse. Elle est là pour me dire au revoir. Déjà je me sens un peu différent. Elle me parait de plus en plus transparente. Elle semble disparaitre. Je change de dimension. Je retourne dans une dimension où elle n’est plus. Au revoir, mon amour. On se retrouvera. Je te le promets. On se retrouvera à l’étoile la plus lointaine…

par Damien Allemand

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